VOS HISTOIRES

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L'histoire d'Amy 

(tous les noms ont été changés afin de protéger l'identité des personnes) 

Mes enfants et moi avons enduré une vie familiale violente pendant des années. J’avais peur de parler de ma situation à qui que ce soit, car il me répétait sans cesse que si je le quittais,  je perdrais les enfants et  que je me retrouverai, je cite « dans la misère ». Pour les autres, nous étions une famille parfaite et d’une certaine façon, je voulais préserver cette image. Mais, au fond de moi, j’avais honte et me sentais coupable. J’excusais sans cesse son comportement. J’étais également pétrifiée, car je ne parlais pas très bien le français et ne connaissais pas mes droits ici. Un jour pourtant, j’ai dû faire un choix ; rester et continuer à souffrir avec mes enfants ou partir et braver l’inconnu. J’avais très peur, mais j’étais moralement forte.

Toutefois, en bravant l’inconnu, j’ai été surprise de constater que beaucoup de personnes m’ont soutenue, comme par exemple, des amis,  des professeurs d’école, les services sociaux et le système judiciaire. Tous, voulaient nous aider. Il ne me domine plus. Il ne peut plus nous manipuler, ni nous forcer à obéir à ses règles. Par contre, le tribunal est là pour imposer la loi et mes enfants et moi sommes protégés par cette loi.

Si j’ai pu partir, tout le monde le peut aussi! Si vous êtes victime de violence domestique, même si vous avez très peur et que la situation est extrêmement difficile, sachez qu’il y a des personnes qui sont là pour vous aider à vous en sortir.

L'histoire de Maria

J’avais 3 ans lorsque j’ai dit “papa va tuer maman n’est-ce-pas!” Ce que je n’avais pas encore compris à l’époque, c’est qu’il aura fallu 15 ans de violence inouïe et d’intimidations en tout genre avant que ma mère trouve le courage de le laisser et refaire sa vie et que je comprenne qu’il ne la tuerait pas

Enfant,  j’avais déjà compris que mon père répétait le cycle de la violence qu’il avait lui-même connu. Mais, je ne comprenais pas à quel point ma mère se sentait  impuissante face à cette situation et affaiblit psychologiquement. Non seulement il l’avait isolée de ses amis, collègues de travail et de sa famille, mais il avait aussi réussi à éroder le peu de confiance en elle qu’elle avait, ce qui l’empêchait de travailler, de fréquenter ses amis, ou d’avoir une vie loin de lui.

Lorsqu’il sortait, au lieu d’en profiter pour souffler un peu, nous étions encore plus anxieux. Plus il rentrait tard et plus on se demandait de quelle humeur il serait à son retour. Nous vivions dans un état de peur constant et je souffre toujours de cette anxiété aujourd’hui.

Souvent, nous nous enfuyions pendant la nuit de peur pour notre sécurité et nous dormions par terre chez des amis pour une nuit ou deux, ou même plusieurs semaines, mais nous rentrions toujours à la maison. La même chose s’est produite lorsque nous sommes allés vivre dans un refuge. Le charme de mon père agissait toujours sur le cœur et l’intellect de ma mère et elle lui pardonnait toujours.  Le cycle psychologique de ma mère je le comprends mieux aujourd’hui. Maintenant je comprends qu’il faut du temps et énormément de courage pour quitter une situation aussi difficile après avoir vécu des années d’abus.

De par mon expérience, je sais que de quitter un homme abusif est l’une des choses les plus difficiles à faire pour une femme.  Il faut beaucoup plus de compréhension, de courage et de soutien que l’on puisse imaginer. La première étape est de reconnaitre que la situation est inacceptable, et la deuxième et de chercher de l’aide. Pas seulement de l’aide de la part des amis et de la famille, mais aussi d’organismes de soutien tels que www.MonacoSaysNoToViolence.com qui peuvent vous donner tous les renseignements dont vous avez besoin et vous aiguiller sur quoi faire après l’avoir quitté. La première fois que vous le quitté ne sera peut-être pas la dernière, mais c’est un début.

En ce qui concerne les enfants, on ne peut jamais deviner comment la violence les affectera, mais c’est important qu’ils comprennent que ce n’est pas de leur faute et que vous les soutenez  et/ou leur donner accès à de l’aide pour qu’ils puissent parler de ce qui les tracassent.

L'histoire de Linda 

J’ai grandi avec la violence conjugale. Mon père était violent avec ma mère, mes frères et sœurs et avec moi. Je pensais être bien placée pour reconnaitre les signes avant-coureurs de  violence conjugale et pour éviter de replonger dans le même schéma. Mais je m’étais trompée.

Quand j’ai rencontré mon conjoint, il était agressif et avait un caractère fort, mais il n’était jamais agressif avec moi. En fait, il avait exactement le même tempérament que mon père et c’est ce qui m’a attiré chez lui. Je suppose que cela faisait finalement partie du cercle vicieux de la violence, que tant de personnes trouvent difficile de rompre.

En très peu de temps, il a commencé à jeter son  regard noir sur moi aussi et il est devenu plus possessif et jaloux. A la moindre “transgression” il devenait violent, me poussait, me bousculait, m’étranglait et me donnait des coups de pieds. Il me répétait sans cesse que j’étais grosse et que j’étais bonne à  rien et de là, j’ai commencé à changer d’attitude en sa présence.

Il trouvait toujours un moyen de me faire du mal, même en présence de mes amis ou de ma famille. Il me pinçait sous la table ou m’empoignait en sachant pertinemment que je dirais rien car je ne voulais pas inquiéter ma famille et créer des disputes.

Il était évident qu’il ne m’était pas fidèle et sexuellement, il voulait toujours que je fasse des choses qui me mettaient mal à l’aise et si je ne les faisais pas, il me faisait  mal.

J’ai reproduit le même schéma que j’ai connu étant enfant. Souvent j’étais obligée de m’enfuir pendant la nuit pour ma sécurité et les terribles disputes que nous avions me vidaient émotionnellement pendant plusieurs jours.

J’avais honte et par conséquent je n’osais pas avouer à mes amis et à ma famille que j’avais replongée dans la même situation que j’avais connue enfant. Mais finalement, les choses ont tellement empiré et j’étais devenu tellement triste que j’ai commencé à parler. Ils ont essayé de me faire voir que je n’étais pas une bonne à rien comme il me le disait et aussi me faire comprendre que j’avais toute la vie devant moi.

Ce qui m’a donné le courage de partir c’est lorsque j’ai décidé d’avoir des enfants et que je me suis dit que je ne voulais pas qu’ils grandissent dans un tel environnement. Le cycle de la violence peut ne jamais s’arrêter, mais j’étais déterminée à y mettre fin.

Cela m’a pris six ans pour partir et couper tout lien avec lui. Maintenant, je suis mariée, j’ai un fils et je suis très heureuse. Chaque jour, je m’estime heureuse d’avoir trouvé le courage de le laisser et reconstruire ma vie. J’ai mis fin à mon cycle de la violence.

L'histoire de Laura

Mon conjoint a été violent avec moi dès les premiers jours de notre rencontre. Je ne sais pas ce qui m’a poussé à rester surtout au début, mais “je l’aimais”; j’avais déjà trois enfants et je ne voulais pas me retrouver seule. Il était jaloux, possessif, nos disputes se terminaient presque toujours de la même manière. Au départ, c’était uniquement lorsque nous étions seuls, mais après il ne tenait plus compte de qui était présent, que ce soit mes enfants ou nos amis.

Les insultes étaient essentiellement à mon égard, mais mon fils et mes filles en ont été plusieurs fois les victimes. Je craignais pour notre sécurité, mais j’étais dans un tel désarroi que je n’arrivais pas à le quitter. Il m’a isolé de mes amis et de ma famille et même lorsque je réussissais à partir,  il menaçait  de s’en prendre à mes amis ou à moi si je ne rentrais pas.

Une fois de retour à la maison, il devenait charmant et adorable, il m’achetait des fleurs, me disait à quel point il m’aimait et me promettait de m’épouser, alors je mettais tous les soucis de côté et me concentrais sur le bonheur momentané… un bonheur, qui je le savais se terminerait d’une façon abrupte.

Je savais qu’il ne changerait jamais mais je restais car j’avais quand même de l’espoir. Il avait décidé de suivre une thérapie pour son mauvais caractère et j’espérais que cela ferait la différence, mais il y est allé une fois et n’y est jamais retourné. Je pense que même à ce jour il n’est toujours pas conscient du fait qu’il soit responsable de son attitude.  Il me disait toujours que tout était de ma faute et que je l’avais poussé à se comporter de cette manière et bien sûr, je le croyais. Je pensais que si je rangeais bien la maison, préparais à manger “comme il faut” ou faisais en sorte que les enfants soient sages, tout irait bien. Mais, peu importe tous mes efforts, il trouvait toujours une excuse pour initier une dispute.

Bien souvent, mes amis et collègues savaient ce qui se passait chez nous et au début, ils essayaient d’aider, mais peu à peu de moins en moins de personnes se mêlaient de nos problèmes. Ils pensaient que si je ne pouvais pas m’aider alors eux non plus.  Plus j’attendais et plus je m’isolais des autres.

Je ne sais toujours pas ce qui m’a poussé à partir. Je pense qu’une fois que les enfants ont quitté le foyer, j’ai bel et bien compris que les choses ne changeraient jamais. Souvent les enfants arrivaient à le calmer mais en leur absence j’ai dû gérer la situation toute seule. La seule façon d’y arriver était de partir. Je l’ai quitté après 20 ans d’abus, sans argent, aucun bien et aucune confiance en moi.

Ces dernières années, grâce à l’aide des spécialistes des services sociaux, j’ai réussi à reconstruire ma vie. Je suis mariée avec un conjoint fabuleux et je me réjouis chaque jour d’avoir trouvé le courage de partir. Je sais à quel point c’est difficile de partir, mais c’est une décision que vous ne regretterez jamais. C’est tellement merveilleux d’être libre et de ne pas vivre dans la peur quotidienne. Ce n’est pas facile de partir, mais c’est possible!!!